Mes débuts

Après avoir joué un an au foot, j’ai commencé le tennis à l’âge de 9 ans dans une petite commune du Loiret, à Nogent sur Vernisson, pour suivre les pas de mon grand frère. J’ai longtemps pratiqué ces deux sports, puis les arts martiaux et le hand ball sont venus se greffer, jusqu’à pratiquer un sport, tous les soirs de la semaine.

J’adorais dépenser mon énergie et l’esprit sportif qu’il y avait. C’était un excellent moyen de me réaliser. (timide que j’étais)

Foot ou  tennis ?

Tous deux tombaient le dimanche et comme au foot j’étais gardien, il a fallu faire un choix… Je me suis alors tourné vers le tennis car c’est là où je sentais que je pouvais développer mon potentiel encore plus loin. 

Mon évolution 

Non classé, puis, 30/5, 30/3, 30/2, 30… à ce moment ce fût plus corsé. (Je vous expliquerez les classements dans une vidéo). A ce niveau là, je ne pouvais plus me contenter de renvoyer la balle dans le court. Il fallait que j’impose mon jeu.

A 14 ans, je m’inscris à Montargis, à 20 km de la maison, pour rencontrer des  joueurs mieux classés. Je passe 15/5, puis 15/3 l’année d’après.

Etre gaucher était un sacré avantage, surtout au service car toutes les trajectoires sont inversées pour le retourneur.

 

Boosté à bloc

Plus le niveau augmentait et plus la marge d’erreur diminuait. Je me frustrais plus souvent. Certains joueurs comme Lucas Vincent pouvaient jouer jusqu’à 3 heures affilées sans faiblir.  Je faisais les points et les fautes et au final, c’est moi qui perdais. En fait, je dominais, sans gagner.

J’ai remarqué que j’avais besoin d’être sur une fine limite émotionnelle pour me sentir compétitif et attaquer sans me poser de question. A ce moment, je devenais plus sensible. Cette sensibilité extrême me faisait parfois défaut, ce qui me poussait parfois à exploser ! ma raquette…  

En une fraction de seconde, et c’était trop tard.

Pour l’anecdote, j’ai arrêté de briser des raquettes de tennis, le jour où j’ai travaillé pour me payer mes propres raquettes, à l’âge de 16 ans. 

Garder le contrôle

Rester calme est devenu ma priorité. A ce moment j’ai décidé de m’entraîner avec des joueurs qui jouaient lentement, des relanceurs-contreurs pour travailler sur mon self contrôle. Le but était de ne plus jamais m’énerver. Ce changement d’attitude fût si radical j’ai perdu mon agressivité et mon insouciance qui me réussissait tant. 

Ne jamais décevoir

Quand mes proches venaient me voir, j’étais très soucieux (trop soucieux) de bien vouloir bien faire…  Ce qui paraissait comme une preuve d’amour, tournait au vinaigre…  Je voulais tellement que tout soit parfait, que je ne m’autorisais plus à rater. Ca en devenait toxique. Ce perfectionnisme ne mettait qu’en avant mes points négatifs et je n’étais jamais satisfait de moi même.

Plus ça allait, et plus je m’enfermai là dedans.

Les meilleurs matchs que je faisaient étaient lorsque je jouais contre un joueur moins classé ou que lorsque personne ne me connaissait. Seulement dans ces deux cas que je me sentais libéré.

D’une passion à un métier

A 17 ans, après avoir réussit un BEP cuisine, j’ai souhaité me lancer vers une formation BAC pro, mais cette fois en service-hôtellerie. En réalité, c’était pour suivre mes amis à TOURS, la fameuse ville étudiante…  Interloquée, ma mère m’a demandé ce que je voulais vraiment faire.

J’étais dans son bureau, et à ce moment, j’ai vu un camion passer par la fenêtre. Je lui ai dit : « Je veux devenir chauffeur routier ! »  « -Mais c’est pas une vie ! » me répond-elle. Au fond je voulais savoir d’où viendrait la décision finale…  

Puis je lui ai dis que je n’avais jamais raté un seul cours de tennis et que j’ai toujours été sportif, alors pourquoi pas devenir moniteur ? Elle rechercha sur internet, et les deux premiers liens qui sont tombés étaient des école pour les métiers du sport à Lyon. Deux mois plus tard,  je déménageais dans mon premier appartement, l’aventure commençait…

Je ne connaissais personne.

En 2007 lors d’une sortie que j’avais organisé à Roland Garros.

L’asul tennis à Villeurbanne

Dans le cadre de notre stage, nous devions trouver un club pour nous exercer. J’ai choisi de postuler à L’asul tennis à Villeurbanne. C’est là que j’ai rencontré Caroline, Murielle et Cemal. Tous vivaient pour une passion : Le tennis. 

Après quelques temps, Murielle, l’entraineur de Carline m’a proposé d’être son sparring Partner. J’étais tout enjoué ! 

J’ai passé la formation d’initiateur et j’ai dispensé mes premières leçons à l’âge de 18 ans. 

Un mentor

Sachant que je devais être classé 15 pour rentrer en formation, j’ai dû payer pour la première fois de ma vie des leçons individuelles. j’ai dû changer des habitudes ancrées depuis longtemps, comme ma prise en coup droit qui était trop fermée. Résultat : 3 mois, sans aucune sensation de contrôle. La balle partait à l’horizontal, dans le grillage.

Mon coach s’appelait Cemal Karradag. Il s’occupait des jeunes espoirs du club et dégageait une certaine sérénité sur le court. Ce fût un mentor pour moi, autant dans sa manière d’enseigner que dans sa manière de communiquer. Il était simple et pertinent à la fois. Je m’en inspire toujours aujourd’hui.

Cemal et moi en 2020

L’aboutissement 

Après une dizaine de leçons individuelles et des moments de doutes, j’ai réussi à passer 15/1 en fin d’année, puis 15 à la mi saison suivante. Je redécouvrais le tennis. Mes adversaires étaient plus réguliers et produisaient une belle qualité de balle. Je prenais encore plus de plaisir à jouer. 

Puis passe 5/6 à l’intermédiaire, puis 3/6, l’année d’après. 

Les choses prenaient forme. A la formation nous mangions, discutions et jouions au tennis. C’était fascinant de jouer contre des joueurs classés 0 ou négatifs. Concentration oblige ! Les échanges étaient incroyables ! ça m’a donné des idées pour la suite.

L’aventure Lyonnaise a duré quatre ans. 

Elle s’est soudainement terminée car je n’avais pas mon JAT1. C’est un diplôme fédéral qui permet d’organiser un tournoi interne. Après avoir commencé deux semaines dans un club, en contrat de professionnalisation, tout s’est soudainement arrêté car je n’avais pas ce diplôme. 

Le hasard

Par chance, quelques mois plus tôt, j’ai été au club Med pour être moniteur de tennis, à Vittel dans les Vosges. Il suffisait d’être au minimum 15/2 et justifier d’une expérience sur le terrain pour postuler. J’ai rencontré Mathieu Lapouge. Il venait tout juste d’avoir son Brevet d’état en finissant d’ailleurs major de sa promo ! Nous étions devenus amis. 

Photo Vittel

Après lui avoir comté mes péripéties Lyonnaises, il m’a proposé de venir dans son club à Pontault Combault, (le club de Kristina Mladenovic) pour me former et ainsi me présenter en candidat libre en fin d’année. Je suis devenu coursier le midi, et le soir j’étais sur le terrain avec lui.

Il m’a donné ses gros bouquins théoriques que j’étudiai le reste du temps.

C’était une chance incroyable de l’avoir rencontré. Il avait une telle rigueur et une telle sympathie naturelle qu’il était un réel exemple pour moi. 

Après une saison passée, l’examen est arrivé 

Résultats de l’examen

 

Oui, je rate l’examen d’un demi point. 

 

Etant déjà installé dans la région parisienne, j’ai décidé de passer le Diplôme d’état avec la ligue de seine et marne. (C’est cette année où le « Brevet d’état s’est transformé en Diplôme d’état). Donc la formation fût plus condensée, et tout ce que j’avais déjà vu avec Mathieu était un acquis certain pour la formation. Je me sentais à l’aise, et j’aidai mon entourage à réussir. 

Photo du diplôme 

 

 

Travail et reconnaissance

Une fois le diplôme en poche, j’ai commencé a enseigner a plein temps et à m’investir personnellement dans mon club. J’étais enfin moniteur de tennis !!! Whouuuaaaou.  J’étais tellement passionné que j’avais pour but de devenir le meilleur entraîneur de tennis France ! A force de passion et de professionnalisme, je pensais qu’on allait me repérer et que j’allais travailler pour un poste important à la FFT et que j’allais être connu. Mais rien de cela. En réalité, j’ai appris que si tu ne demandes rien, tu n’as rien. On ne viendra pas me chercher. 

J’ai découvert le dessous des opportunités : Savoir me montrer au bon endroit, au bon moment et surtout être avec les bonnes personnes. J’ai toujours été contre le copinage,  car c’est ce qui détruit une société. Cette personne n’est pas là par compétence, mais parce qu’elle à un lien avec le responsable.

Il n’y avait pas marqué sur mon front : Bon prof 

J’ai appris que ce n’est pas parce qu’un entraîneur est très spécifique (sur le terrain) qu’il est reconnu. C’est un ensemble, il doit également avoir des qualités relationnelles et marketing. Qu’il sache se vendre. Pour être honnête, j’avais du mal avec ce concept. Je pensais que parce que les joueurs allaient progresser, que j’allais être reconnu. Rien de tout ça. 

A l’inverse, si l’enseignant n’est pas performant, on le lui fera savoir. (C’est peut être pour ça que j’ai résonné ainsi). En réalité ce principe c’est unilatéral, les personnes payent, alors elles exigent. 

Avec du recul, je trouve que la France à du mal à être reconnaissante ou du moins à dire « Merci ». Le moniteur est là, il donne, c’est un dû. Maintenant j’ai appris à donner sans attendre en retour, sans tout en me préservant, sous peine de me frustrer et de m’affaiblir. En fait, c’est ça le réel amour. 

 

Enseigner et performer.

Avec du recul, je dirai que j’ai tant donné pour satisfaire un idéal, que j’ai négligé ma propre condition physique et ma carrière de jeune joueur. Je ne jouais plus régulièrement avec un partenaire de mon niveau, mais je garder de l’espoir pour continuer de monter. 

Comme j’étais six jours sur sept sur les courts, j’avais ma dose de tennis !  

 

Détails après détails

Puis j’ai commencé à filmer les matchs grâce une caméra placée à l’arrière du court dans l’axe pour avoir une vue d’ensemble et décortiquer.

Cette démarche m’a aidé à mieux me connaître mais en aucun cas cela remplace l’entrainement. Comme je ne pratiquais pas souvent, c’était difficile. Mes frappes étaient plus lentes et je faisais beaucoup de fautes directes. J’avais surtout le sentiment de ne pas avoir assez de temps pour me préparer. Ce fut très difficile. Cependant je m’accrochais à 4/6. Sans aucune perf de la saison…

Puis ce qui devait arriver, arriva. Je suis descendu 5/6, puis 15 car je suis parti un an en Australie. 

Les voyages

Lorsque je suis allé en Australie, mes relations avec mes amis et ma famille étaient différentes. Je me sentais plus proche d’eux. Peut être parce que j’étais à l’autre bout de la planète et que nous avions tue la routine, bref c’est comme ci nous avions recentré les discussions sur les choses importantes. A ce moment la j’ai décidé de prendre mon physique en main et j’ai commencé à pratiquer le Yoga régulièrement.

Le yoga

J’ai tout de suite accroché car j‘ai appris à m’écouter. Dans une salle bouillante entre 30-33 degrés,  nous enchaînons les postures d’équilibre, d’étirement, de gainage, le tout en synchronisant la respiration avec chaque mouvement. J’en ressortais léger et avec le sourire. Ça en devenait même addictif. Parfois, il m’arrivait d’y aller tout les jours de la semaine.

Grâce à la pratique régulière (45 min par jour) j’ai compris que si on voulait devenir une meilleure version de soi, on le pouvait. Le corps s’adapte.

Je découvrais mes limites au niveau de ma souplesse et comment faire pour les repousser. Ces limites sont directement liées aux tensions que j’ai moi même crée et plus je les réduisaient et plus je découvrais une nouvelle marge de progression. Comme dit Patricia ma prof Colombienne du mardi :  « créez l’espace » et tout le monde peut le faire. 

Le yoga et le tennis

J’y ai trouvé un lien intime avec le tennis : D’où que l’on parte, il est possible d’avancer et qu’il ne servait a rien de se comparer à qui que ce soit ou de devoir imiter quelqu’un pour progresser. Tout partait de la compréhension (et de la visualisation) de la tâche d’une manière précise et du retour d’expérience que l’on en faisait pour créer une complète connexion entre son intention et sa réalisation.  

Une vision nouvelle

On dit souvent que les voyages ouvrent l’esprit et c’est vrai. A mon retour en France on m’a proposé de faire parti d’un groupe d’entraînement avec des moniteurs de tennis de la région durant une heure trente semaine. Dès les premiers entraînements, j’étais plus calme et plus concentré. Cela me permettait d’avoir un lien plus intime entre ma technique et mon état d’esprit. Par exemple si je voulais être audacieux, je le pouvais sans devoir à me booster à bloc comme avant, ce qui me poussait a aller jusqu’à la rupture. Maintenant, je m’autorisais a rater sans remettre tout en cause. et cela a eu des répercussions directes sur ma confiance en moi.

J’acceptais plus facilement l’idée que je ne pouvais pas être à 100% de mes capacités tout les  jours. Mais si j’étais a 100% de mon potentiel du jour c’était déjà excellent. C’est pareil dans la vie. Grâce à cela j’ai réussi à descendre mon degré de frustration et retenir le meilleur a chaque pratique.

L’année suivante je suis remonté 5/6 en passant en moyenne 4 tours a chaque tournoi et en gagnant souvent 6/0

 

Une nouvelle approche pour apprendre

Cette expérience m’a montré que la technique n’était pas l’élément premier, mais une conséquence d’un travail plus profond. La technique est seulement la partie visible du jeu. Lorsque qu’un joueur commet une faute, les coachs du dimanche sur le bord du court diront que c’est parce qu’il n’avait  « pas bien fini son geste » ou qu’il n’était pas bien placé.  Avec du recul je réalise que le problème qui a engendré cette faute s’est passé bien avant.  

 

Une question d’équilibre

L’art du « ni trop ni pas assez ». Comme dans la vie, je pense que la différence entre un joueur qui progresse et un autre qui stagne, c’est l’équilibre. Autant spécifique que général. Apprendre à l’être et l’une des clé du succès.

En conscience

Même si on ne peut pas forcément tout décrire de son expérience avec des mots (parfois c’est inexplicable),  le plus important c’est d’en être témoin pour pouvoir démarrer le travail. Comment un médecin peut-il soigner un patient qui ne se prétend pas malade ?

Prendre conscience de l’état présent et avoir une idée très claire de l’état désiré est aussi vital que l’entraînement en lui même.

Mon projet

Je veux partager cette pédagogie avec vous car elle a créé un réel électrochoc dans mon tennis. Je souhaite publier une vidéo inspirante par semaine et grandir la communauté Tennis-Technique.fr tel un virus.

Nous avons tous un trésor caché, enfoui en chacun d’entre nous. C’est a nous de le dépoussiérer, et de l’organiser comme sa chambre pour arriver à s’en servir 

 

Chacun mérite, s’il le souhaite d’avoir accès à la meilleure version de soi même. 

 

Pour conclure,

Si vous êtes prof, mon conseil serait de ne pas négliger votre propre condition physique et trouver un partenaire de votre niveau pour vous entrainer au moins deux fois par semaines. Si vous ne pouvez pas, jouez à trois, avec deux joueurs en face de vous. Donnez de votre mieux, notre métier est avant tout une vocation, sans rien attendre en retour.

Si vous êtes joueurs, sachez que l’aspect émotionnel et mental et à la base de notre sport. Développez votre autonomie et votre sens de l’analyse. Car au final, vous vous retrouverez seul avec vous même sur le terrain. Voyagez, que je l’ai fait. On peut l’imaginer, mais rien ne remplace l’action. Faites vos bagages et sortez de votre confort.

L’idée du blog est de vous apprendre à voyager. De connaître les outils et les principes fondamentaux pour aider être plus mobile et plus léger pour toujours explorer, expérimenter, associer.

Je vous souhaite un agréable voyage,

Mathieu

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